Mardi 24 juin 2008 à 20:02

... ou comment la nécrophilie tue la littérature.


Comme chacun sait, (ou ne sait pas), je suis actuellement en début de master en littérature anglaise. Ayant décidé de le faire sur Phillip Pullman's His Dark Material, j'ai contacté plusieurs maitres de recherche potentiels, et celui d'aujourd'hui m'ayant orienté vers un certain professeur de littérature anglaise dont la spécialité est Milton, Blake et les bons vieux auteurs dits "classiques" de la litté anglaise, je lui envoie donc un mail pour savoir s'il accepte de devenir mon maître de recherches sachant que Pullman s'est inspiré de Paradise Lost et certains poèmes de Blake pour écrire sa trilogie.

Ainsi je vous laisse apprécier sa réponse:

Bonjour ...,

Je suis toujours tres content (vous excuserez la manque d\accents sur  
ce clavier) de suivre les memoires Master en litte britannique. Outre  
cela j'ai lu la trilogie de Phillip Pullman que j'ai trouve interessant.

Jusque là je me disais (à tort) "aaaah!"

Il y a quand meme un petit probleme. J'ai suivi cette annee un  
memoire M1 sur Neil Gaiman, auteur dont les origines se trouvent dans  
ses bouquins BD qu'il a transforme en "romans". On a trouve qqchose  
de serieux la-dedans en rapprochant Gaiman a une theoricien russe qui  
a travaille sur les contes de fee et de folklore; on a sauve donc un  
sujet un peu limite.

Sachant que j'ai lu ce mémoire la car il s'agit du travail d'un ami a moi, qu'il n'a évidemment pas pris soin de la "limitesse" du sujet... Pourtant il m'a semblé très interessant.
Tres bien. Cette annee vous avez je crois un  
camarade de classe qui pense a travailler sur Terry Pratchett.
(oui mon copain en l'occurrence..)
Hmmm, on verra. Il y a deux ans j'ai suivi un memoire sur Tolkien. C'etait  
OK, bien que.... Tolkien?

Peut-etre il faut quand meme que ca s'arrete a un moment ou un autre.  
Je viens de refuser, par exemple, une proposition de doctorat sur  
Harry Potter; il me semble qu'il existe des limites pour ce qui est  
de travail universitaire. Est-ce que nous sommes venus a un point ou  
toutes les richesses de cinq siecles de la litterature anglaise vont  
etre ecartees a la profite de ces bouquins pour les enfants? Quoi de  
Milton lui-meme? De Dryden, de Dickens, de Wordsworth, de Pope, de  
George Eliot? Est-ce que le dept de Lettres accepterait des memoires  
sur la litte enfantine francaise contemporaine?

Bon, vous aurez compris d'ou je viens. Si vous voulez vraiment  
travailler sur Phillip Pullman il va falloir me convaincre que vous  
avez lu Milton et Blake, que vous comprenez l'hypothese des univers  
paralleles, que vous avez une theorie serieuse et que vous avez  
qqchose de vraiment utile a dire au sujet de ces bouquins que ma fille  
a lu a l'age de 11 ans.

Excusez-moi de parler si brutalement mais vous comprendrez que la  
piste que vous suggerez risque de paraitre trop facile. Ou se trouve  
la difficulte? On peut tres bien ecrire sur JK Rowling ou Phillip  
Pulman si on est sociologue ou psychologue, mais la valeur litteraire  
de ces ecrivains n'est pas tres grande et je suis litterateur.

Reflechissez, donc, et si vous voulez poursuivre ce sujet demontrez ce  
que vous pouvez faire au-dela d'une simple lecture analytique.

Bon courage, malgre tout ( et si vous avez un autre sujet...)

Mr .....


Pourquoi le mot « contemporain » ou « moderne » est-il systématiquement associé à "merde" dans l'esprit des universitaires? n'a t'on pas, à l'époque de Milton, Pope et tous les grands auteurs qu'il lui sied de me citer, fait des études sur leurs écrits? N'ont-ils pas été, eux aussi, décrier par des universitaires croulants sous leurs principes de sévérité et de sériosité à leur époque?
LA Littérature serait elle comme le vin? elle ne devient bonne qu'avec un ou deux siècles de retard? pourquoi ne peut on pas faire de bonnes études sur des sujets contemporains?
le recul? d'un point de vue historique je veux bien recevoir cet argument là, mais d'un point de vue littéraire, qu'est-ce que ca change? Pour l'impact sur le public, à savoir si le bouquin survit, il sera alors forcément bon. Forcément? Comment peut on passer à la postérité si l'on ne vous étudie pas contemporainement?
Et quoi, après tout, pour savoir si l'étude en vaut la peine, il faut bien la faire? "et si personne ne l'a faite avant c'est que ca n'en valait pas la peine" dans ces cas là on n'avance pas! Il faut bien commencer par quelque part non?
Et puis, franchement, si c'est faire mon master sur un livre qui a été étudié des centaines de fois, sur lequel je ne pourrai rien en ressortir de personnel et qu'au final j'aurai l'impression d'avoir volé ma forcément bonne note (et ben oui, après tout peu importe la qualité de l'étude puisque c'est uniquement le fait que l'auteur soit mort, décomposé et réincarné  depuis le stade du vers nécrophage jusqu'à celui de chat qui a bouffé l'oiseau qui a bouffé la mouche qui venait du vers, qui compte) en ayant bêtement recopié des copies de répliques de photocopies de reproductions de clones de duplicatas d'étude, n'ayant rien découvert de plus ni de moins que la dizaine de millions d'étudiants et de critiques qui m'auront précédés...
Je veux un apport personnel dans mon étude. Certes, je n'ai pas la prétention de faire d'immenses découvertes, mais si d'aventure je pouvais ne serai-ce qu'avoir un cheminement et une conclusion qui me soient PROPRES alors je serai heureuse et satisfaite. Mais comment alors pouvoir revendiquer la révélation, l'illumination ou quoi que ce soit de nouveau dans une oeuvre qui a subit 5 siècles, comme il se plait à souligner, de "légitimité" littéraire, comment ne PAS refaire ce qui a été fait par tous, et ce dont on se complaît à nous gaver pendant les 3 premières années de notre licence. Je croyais que le master c'était mettre en pratique par soi même ce que l'on nous avait appris à faire, ou que l'on avait gentiment fait a notre place, jusqu'à présent, l'achèvement d'un apprentissage qui se révèle être, même quand on y a gout, souvent pénible, parce que trop académique et sans aucune liberté. Alors quelle déception de s'apercevoir que tout ce que l'on nous demande est en fait de continuer à recracher bêtement telle une vache bien éduquée.
Chers amis, lâchez vos plumes, vous écrivez maintenant alors ca ne vaut strictement rien... Au pire, si vous tenez beaucoup à vos écrits, mettez les au frais, un ou deux petits millénaire, faites passez le message a vos descendants et faites les leur publier... avec un peu de chance d'ici là vous serez assez décati pour avoir gagné votre place au pantheon des vieux croulants émérites!

Que dire de la vision du travail universitaire: ainsi l'universitaire ne doit-il prendre aucun plaisir a son travail? Non, il ne doit pas choisir des sujets dont sa réputation pourrait pâtir! Comment donc, Harry Potter! Et pourquoi pas, si le sujet choisi est interessant et ne se résume pas à « ce que dit l'histoire c'est que les gentils gagnent toujours ». A oui, mais le sujet est plaisant, le livre se laisse facilement « aborder », non d'une pipe, on pourrait croire que l'on s'amuse ici!!! que vont dire les gens, que va penser le peuple!? Et pourtant, je trouve cela tellement plus difficile de faire parler un texte à priori transparent, plutôt qu'un poème obscur et compact à qui, finalement, on peut faire dire tout et n'importe quoi, et qui supportera sans rechigner la plus absurde des théories, du moment que l'on se justifie (et tous les étudiants en lettres savent à quel point il est facile de faire dire ce que l'on veut à un texte, notamment poétique, puisque le langage, et surtout le mot, supporte maints et maints sens différents, il suffit donc de savoir manipuler les sens pour en faire ressortir exactement ce que l'on veut qu'il en ressorte, un peu a l'image de l'aléthiometre... je m'égare là!).
L'universitaire a donc une réputation d'austérité et une image de gravité a conserver, histoire de ne pas perdre la face, des fois que les gens se prendraient à se passionner pour sa matière, il aurait bien plus de boulot encore pour défendre sa position dans son champs (social j'entends! Pas de corbeaux qui s'ébattent sur un épouvantail, quoi que parfois je me demande...) et veiller a la reproduction du capital et surtout à l'entrée des postulants dans le-dit champs... En socio, on appelle ca le devoir de correction me semble t'il, puisqu'il se plait tant à me parler de socio... comme disait l'autre « ces conservateurs qui ont tout intéret à se conserver conservant »... Mais faut-il conserver coute que coute, même face à la sclérose?

Le renouveau c'est mal! Alors d'une part ces petits péteux refusent de vénérer les maîtres mais en plus ils croient entrer dans notre domaine en étudiant des hérésies!! Mon dieu, la littérature ENFANTINE, mais quelle époque, mon ami, quelle époque!! et oui le mot est lâché!! Enfantine, cela correspond forcément à enfant, et donc étymologiquement antithétique (ouais j'aime les phrase alambiquées -un autre mot a chercher dans le dico- et alors?) à travail universitaire...
Et pourtant!!! pourtant!! Littérature enfantine, je pensais bien que Lewis Caroll en faisait partie, avec son Alice in Wonderland, dont on nous a tellement rabattu les oreilles en 2nde année que maintenant elles flottent au vent (sans doute pour ca que je n'entends pas raison), et Roal Dahl? On l'a pourtant bien étudié en LITTERATURE en 1ere année (même que pour mon oral je suis tombé dessus et je m'en rappelle particulièrement parce qu'on m'a demandé de résumer ce livre de nouvelles........) et Peter Pan? Et The Jungle Book by Kipling, les Fables de la Fontaine et... et tous les autres qui ont toujours été cités comme des exemples par nos profs de littérature et que j'oublie sans doute. Tout ça, il aurait fallut laisser tomber, parce que sous prétexte que c'est de la littérature dite enfantine, ca n'a aucun intéret littéraire? Et dans la littérature, il n'y a pas que l'aspect littéraire a proprement parler (écriture dirons nous plutôt: figures de style et phrastique) si la littérature devait se limiter à l'étude du style en oubliant le sens, que dire de la portée symbolique, de la portée sociale (après tout c'est lui qui en parle), culturelle et philosophique.
« Ma fille de 11 ans les a lu... » certes, et alors, que peut elle me dire de la circoncision dans ce livre, et du rapport avec l'oeuvre de Milton, et que dire sur la religion, le passage de l'enfance à l'âge adulte etc.... ? Peut on comparer une lecture de plaisir à une étude dialectique et approfondie sur un master que l'on poursuit pendant deux ans? Peut on comparer la capacité analytique d'un étudiant de littérature avec celle d'une gamine de 11ans, aussi éveillée soit elle. Je crois que je ne cesserai de m'étonner devant la capacité à refuser de voir que ce qui compte ce n'est jamais que la manière de traiter un sujet et non le sujet en lui même.

Voila, je me doute que bien peu, voire personne, ne lira un article aussi long sur un sujet aussi passionnant que la littérature et les tenants et aboutissants de mes trois années de licence d'anglais et de passion pour la littérature anglaise, ma déception face à une telle étroitesse d'esprit, surtout venant de quelqu'un qui est censé vous aider et qui ne fait que vous décourager, vous disant à mots (à moitié) couverts que si vous choisissez ce sujet, d'une part il ne vous aidera pas mais qu'en plus il vous mettra certainement des batons dans les roues, et surtout ma frustration due au fait que les arguments qu'il me demande de fournir pour justifier mon choix je les ai, mais ne peut bien évidemment pas lui présenter au risque de me faire détester et rayer à vie des éventuelles possibilités pour moi (déjà minces) de faire quelque chose en rapport avec l'anglais dans ma vie... Maintenant j'avoue que je ne sais pas trop quoi faire... si c'est continuer pour me planter ou continuer en faisant quelque chose qui flattera le désir /besoin de norme et de standardisation des profs mais qui ne me plaira pas, franchement autant arrêter de suite et aller postuler pour faire caissière, au moins je commence à cotiser pour ma tardive retraite et j'arrête de galérer à cumuler 2 ou 3 jobs et jamais de vacances pour pouvoir me payer entièrement des études qui ne mèneront nul part...

Monde de merde!

By princessvalium

Sociophobie

Par doc le Mardi 24 juin 2008 à 22:08
hahahaha! je dois etre maso j'ai lu toutes les lignes! bordel mais c'est ça que tu devrais lui envoyer comme réponse à ce gros con, perso je déteste les profs de ce genre qui se la pètent Great quelque chose alors qu'ils ne sont rien, à mon avis il a dû faire de la lèche et c'est tout, faire bien comme on lui demander et surtout bien rentrer dans le moule! et ce qui est dur à croire c'est qu'il a même réussi à se reproduire! bordel mais je pensais que pour un master comme ça on pouvait étudier un peu l'oeuvre qu'on veut.
parce qu'en litt française, si tu dois bien remonter à 5 ou 6 sc en arrière tu dois étudier du vieux français et j'ai étudié des poèmes sans queue ni tête de vieux français en stylistique et ben merci j'aimerai pas faire tout un mémoire dessus!
mais bon dans 400 ans quand un étudiant étudira harry potter les profs lui lècheront les boules


Conseil : fait ton mémoire, mets le dans une poche bien hermétique et fait toi criogéniser avec pendant au moins 300/400 ans t'arrivera à présenter ce que tu as envie et t'auras une excellente note!^^
Par doc le Mardi 24 juin 2008 à 22:26
ah après peut-être qu'il a voulu te dire que si tu faisais sur ça tu te planterai parce que tu n'aurais rien à en tirer, mais en meme temps je connais pas!
mais il y a deux trucs que j'ai oublié de te dire
le prof là c'est pas celui de sephi? parce qu'il fait sur neil gaiman!
et aussi pour le fait que tu puisses prendre un peu ce que tu veux, e le fait que tu disais que tu pensais que le master c'était une application de ce que tu avais appris sans être prise dans un étau (la fac et ses profs cons) en terminale on nous bassine les oreilles avec la philo qui est censé développer notre esprit et notre "pensée critique" donc bon si en plus tu reçois un enseignement qui est censé appliquer tout ça et que tu n'as jamais l'occasion de t'en servir c'est naze...
mais de là à faire caissière, peut-être pas, vaut mieux envisager une réorientation plutôt que gacher toute sa vie après être arrivée là où tu en es arrivée

(putain ce soir je suis déchainée que de longs commentaires, ça fait ton sur ton avec ton article)
Par with-the-light-out le Mercredi 25 juin 2008 à 10:28
J'ai toujours pensé que les analyses de textes étaient un exercice de charlatan. Certes je sors d'un bac S, mais ça ne m'empêche pas d'avaler des bouquins, et parfois leur analyse (parce que c'est rigolooooo). Bref.
Il y a un petit point sur lequel au fond, je suis d'accord avec ce monsieur méchant, (mais ce n'est même pas ce qu'il dit exactement mais j'ai envi de parler ce matin) les romans (poèmes pièces .. ) qui ont traversé les siècles méritent une attention, puisqu'ils nous sont parvenus au fond, c'est qu'il y a bien une raison. Après nos romans contemporains rien ne prouvent qu'ils seront encore lus dans un siècle ou deux. Mais ça ne gâche rien de leur qualité :/ Et puis arrivée en Master tu as du en bouffer pas mal de ces vieilleries de textes.
Puis la trilogie de Pullman, (lue petite, relue il y a peu) ne manque pas de choses à étudier (m'enfin c'est mon avis). Et puis c'est original merde ! ça ne tue pas le vieux l'originalité ! (me voilà vulgaire .. quelle matinée..)
Je ne sais pas si j'ai vraiment de choses à dire en réalité face à ton article :/ peut être juste courage, si tu choisis un autre texte plus classique, ou bisous-courage si tu continues sur Pullman.
(d'ailleurs si tu continues sur Pullman, et que je n'ai pas disparu du web entre temps ? ^_^° tu montreras ton travail à la fillette éteinte ? )
peuh .. quel vilain méchant vieux . .
Par princessvalium le Mercredi 25 juin 2008 à 10:59
@doc: franchement j'ai longuement hésité a faire de cet article ma réponse a cxe prof, mais bon, sachant qu'il donne des cours en m1, et donc corrige des examens, (et on connait tous l"anonymité" des copies de fac). pour le vieux francais, ectte année on a fait shakespeare en vieil anglais, c'est incompréhensible, même si j'ai aimé, j'ai pas réussi a le lire en vieil anglais, j'ai lu en anglais moderne, je comprenais rien! oui le prof c'est celui de séphi, qui était blasé de voir que son sujet est limite, alors qu'il ne lui a jamais rien dit et lui a mm dit que c'était interressant!
sinon, je sais a quel point c'est naze caissière, puisque je ss en pleine formation pour mon boulot a l'année (et oui on fait ce qu'on peut avec ce qu'on a...)

@witht he light out: merci pour tes encouragements, je ne sais pas ce que je vais faire, j'étais sure de mon choix mais la j'avoue que je ne sais plus du tout!
je suis d'accord avec toi: si le livre reste c'est qu'il y a matière, je doute de la survivance du da vinci code ne serait-ce que dans un siècle.. mais quand on regarde les récompenses littéraires qu'a recu pullman pour sa trilogie, je ne pense pas qu'il soit dénué de tout intéret, et comme je le disais, si personne ne décide de l'étudier contemporainement, comment peut-on: 1 se rendre compte qu'il n'y a rien a en dire
2: lui permettre de passer à la postérité? d'ou la faile dans son raisonnnement, je doute que pour mitlon, il a été entrepris des fouilles archéologiques pour son livre et qu'on s'est dit: "maintenant il est bon a étudier"...
Promis si je m'obstine dans cette voie la, je te ferai parvenir mon mémoire!
ca serait dommage que tu arretes ton blog, j'avoue que je ne laisse pas de commentaires, mais j'y traine souvent mes guenilles enchagrinées :)
Par Berethiel le Mercredi 25 juin 2008 à 13:38
Ah non non, au contraire, je trouve cet article plus qu'intéressant, surtout que je suis totalement d'accord avec toi. Ce prof se contredit quand même pas mal. Il te dit de ne pas faire de "bête lecture analytique", mais bon ça tombe bien, les styles de J.K Rowling et de Philip Pullman, ne sont pas faits pour ça, au contraire de gens comme Blake ou Pope. C'est con, les vieilles oeuvres t'incitent à faire un peu de lecture analytique, ce qui n'est pas le cas de ce genre de littérature! De plus pour ce qui est de la postérité, je ne vois pas comment un bouquin comme Harry Potter, pourrait ne pas rester encore longtemps dans les esprits étant donné que c'est pratiquement le livre le plus lu après la Bible! De même, Pullman et Rowling, ont deux (voire plus) niveaux de lecture, ce qui est tout à leur honneur puisqu'ils touchent aussi bien les adultes que les enfants (à noter que Pullman, par exemple à la Fnac est aussi dans le rayon SF et donc pas dans le rayon littérature enfantine), et même sans doute plus les adultes, qui eux seuls peuvent prendre la mesure de tout ce que touche Pullman, aussi bien philosophiquement que biologiquement, que moralement ou religieusement dans ses bouquins. Aussi, quand on se fait chier sur ce genre de projets, on a tendance, peut être pas à bâcler, mais à ne pas mettre toutes ses capacités en oeuvre, sur les passages les plus difficiles et ennuyeux. Au contraire, l'étude de ces bouquins s'inscrit dans un univers assez passionnel pour le lecteur et il peut facilement se mettre corps et âme dans son projet. Combien de grands auteurs (notamment durant le siècle des Lumières en France) ont choisi des genres littéraires à visée distrayante pour simplifier l'échange de connaissances, la compréhension et la diffusion à grande échelle? On peut citer Voltaire et tous ses contes philosophiques, ou même ce bon vieux Lafontaine!
Par Berethiel le Mercredi 25 juin 2008 à 13:53
Putain c'est incroyable qu'on soit obligé de prouver la valeur de bouquins "modernes" avant leur étude, alors que des bouquins dits "classiques" n'ont justement plus aucune valeur, tant leurs études et leurs idées sont éculées! C'est incroyable comme le monde de la Littérature, censé être un espace d'ouverture extrême, puisse être à ce point réticent à tout apport culturel nouveau! C'est incroyable que ce monde soit à ce point imbu de son passé qu'il ne puisse se tourner vers le moment présent ou même le futur. Putain c'est incroyable que l'on considère la culture comme quelque chose de passé et que tout ce qui sort de nos esprits plus ou moins fertiles soit considéré comme indigne d'intérêt! Mais putain, si notre culture moderne est à ce point insipide, qu'ils se bougent pour "élever" notre esprit à la connaissance!
Il est totalement con d'accuser tout le monde d'écarter les "classiques", étant donné qu'ils ont été étudié des dizaines de fois, par des étudiants bien trop intéressés pour faire bonne figure que par le vrai sens du mot "éducation". Ce conformisme éducatif, ce "travail universitaire" me débecte! Comme s'il n'y avait rien de sérieux dans Pullman, qui ne fait rien de moins qu'expérimenter une société différente pour montrer les faiblesses de la nôtre, comme un Voltaire utilisant, un étranger, un naïf portant un regard neuf sur une société pour mieux en montrer les limites. Comme un Montesquieu se servant d'un persan, pour décrire les futilités du "Monde".
Il demande où se trouve la difficulté de ce genre d'oeuvre, alors que la toute première de ces difficultés, il ne sait même pas la surmonter, celle de l'ouverture d'esprit. En quoi une oeuvre ardue apportera plus à l'étudiant ou au correcteur, ou à la société? C'est quoi cet élitisme primaire qui fait de la difficulté une garantie de qualité?!! C'est quand même incroyable qu'un universitaire ait une si mauvaise conscience du Temps.
Par Berethiel le Mercredi 25 juin 2008 à 13:57
Pour finir (car je pourrais disserter des heure sur le sujet, comme tu peux t'en douter), je te conseille de je ne sais pas, lui faire un bref résumé des sujets que tu pourrais développer dans Pullman, et de lui dire un certain nombre des choses que tu penses sur sa conception des classiques et de leur valeur bidon. Si tu n'es pas agressive, peut être qu'il prendra bien ton esprit critique (car oui ça aussi c'est à développer, je ne vois pas en quoi ça développe l'esprit critique, de rentrer dans la thèse d'un autre -_-') et le considèrera comme une qualité intéressante pour ce genre de travail. Sinon, fais-toi ce mémoire de ton côté, à ton rythme (c'est déjà bien assez de boulot d'en faire un, alors deux -_-'), au moins tu auras la satisfaction d'avoir fait quelque chose de bien, d'intéressant.
Moi aussi si un jour, ce projet se concrétise, ça m'intéresserait d'en connaître quelques bribes (si ce n'est le tout).
Par princessvalium le Samedi 28 juin 2008 à 15:47
merci berethiel, tes commentaires m'ont vraiment remontés le moral, ca me fait plaisir de voir que je ne suis pas la seule a m'emporter quand je vois des trucs pareils, je me disais que c'était sans doute parce que j'étais personnellement concernée, mais du coup ca me conforte dans l'idée contraire...
et... je vais m'obstiner et faire mon master sur ce sujet la quand même, avec ou sans lui comme maitre de recherches, on verra bien! et si je le termine, je vous le ferai lire!
merci de réagir et pour le soutient
Par Yso le Mardi 15 juillet 2008 à 6:14
J’admire la persévérance, après ma licence plutôt marre, trois années de plus je pouvais pas! Début en droit et je termine en infographie comme quoi rien n’est tracé

Comme on dit chez moi si familièrement c‘est un vieux con, les gens sont souvent à ce castrer des auteurs contemporains car ils n‘ont pas encore un siècle dans la gueule. La crédibilité faut s’en gargariser qu’après la mort.
Par RodWolf le Mardi 15 juillet 2008 à 11:59
Qu'es ce qu'il a contre Tolkien??? heulo pitain... xD
Par PlayWords le Mardi 22 juillet 2008 à 16:44
Des ptits "j"? Effectivement il y avait une faute, labsus probablement; dsl
Par invidia le Jeudi 7 août 2008 à 20:52
Humph, la réponse que tu as reçu me laisse perplexe et je suis du même avis que toi sur la question. A ce tarif-là les professeurs d'université devraient carrément faire une blacklist de toutes les oeuvres qu'ils ne trouvent pas assez bien pour que l'on en fasse un mémoire.
Cela dit je ne suis pas une littéraire, et je me pose tout de même une question : quel intérêt y a-t-il à écrire/discuter sur un auteur et/ou ses oeuvres ? Chercher un sens profond à ce que quelqu'un a pu décrire, qu'est-ce que ça peut apporter ? (ceci n'est pas à prendre mal, je me demande vraiment l'intérêt de tout ça) Et comme tu l'as dit on peut parfois facilement faire dire ce que l'on veut à un texte, alors qu'est-ce que l'on peut tirer d'une telle analyse ?
Oh d'ailleurs, cet article m'a aussi fait penser à quelque chose : en fac de lettres le master aboutit forcément à l'écriture d'un mémoire sur un auteur ? Je n'avais jamais imaginé ce que l'on pouvait demander aux étudiants à la fin de leurs études dans cette branche, alors..
Par undermyskin le Jeudi 21 août 2008 à 18:19
Les universitaires aiment la poussière. Tu ne peux que tu réjouir de n'avoir pas eu le soutien d'un professeur si peu ouvert d'esprit sur la littérature dite '"enfantine" ( Roal Dhal c'est pas que pour les mioches moi j'adore). Il me semble que cet homme est pédant et aigri. Ne baisse pas les bras à cause de ce genre de personne car malheureusement il n'est pas le dernier à tenter de te déstabiliser ! Et puis caissière à vie c'est nul, surtout quand on est une jeune fille cultivée et pugnace !
Par doc le Mardi 7 octobre 2008 à 21:32
alors ton mémoire... ça été accepté ou pas? t'as fait autre chose comme sujet sinon?
Par Yass le Mercredi 14 janvier 2009 à 0:19
En même temps, si tu choisis pas un directeur de recherche spécialisé dans la littérature du fantastique, 'faut pas t'attendre à d'autres réactions...
Ils sont assez peu nombreux, mais ça se trouve.

(pardon de déterrer un vieux sujet :/)

J'suis tombé sur cet article en cherchant si d'autres gens faisaient un master recherche sur Terry Pratchett...
Parce qu'a Rennes 2, perso, on m'a dit que c'était une bonne idée. Et nombreux sont les théoriciens (russes, bien sur) qui légitiment pleinement le genre du fantastique, non pas comme un sous genre ou une sous catégorie, mais comme une catégorie à part entière et qui a autant de lettres de noblesses que la littérature de ces cinq cents dernières années.
Par princessvalium le Mercredi 14 janvier 2009 à 0:31
peut etre que je devrais bouger sur rennes 2 alors, parce qu'à pau, aucun n'est spécialisé en fantastique... le plus "moderne" -dans le sens "hérétique" pour eux bien sur- qu'il y ait ici c'est le genre policier/ pollar.
Par Yass le Vendredi 16 janvier 2009 à 14:16
(je repasse !)

En vrai, les profs qui chient dans la gorge de la litté du fantastique, en litté anglaise, ils sont quand même extrèmement cons !
Si on se base sur les théories (controversées, ok) de Tzvetan Todorov, alors même Austen fait du fantastique !
Et puis, restons classique, hein, Shelley et Stocker, c'est du beurre, peut être ?
Y sont un peu cons, nan ? (j't'avoue que c'est extrèmement difficile d'obtenir des informations, des renseignements, sur les autres facs :/) Faut leur rappeller ces arguments, hein.

Tu déprimes sur l'université parce que Pau, ca doit être bien pourri ! A Rennes 2, y a des masters sur le hip hop, sur le comique dans Steinbeck (j'ai pas encore trouve non plus), sur Philip K. Dick, et sur tout un tas de trucs qui évoluent !
Et au contraire ! Le prof en question m'a dit que c'était très bien de se lancer dans des trucs pas étudiés et plus contemporains qu'un Conrad ou qu'un O'Casey, tout simplement parce que t'as un champ libre (et a rennes 2, y a eu qu'un type qu'a touché a Pratchett avant), et puis tu touches a quelque chose qui, même si son auteur meurt, peut continuer a évoluer pendant encore une centaine d'années, rien que par son influence.
Pas comme un vieil auteur classique dont tout ce qui pouvait être imaginé et trouvé l'a été.


Si tu tiens vraiment a faire de la recherche littéraire dans le fantastique, en effet, y va p't'être falloir que tu bouges...
Y me semblait avoir trouvé une liste des professeurs de littératures spécialisés dans le fantastique, elle doit pas être trop compliquée a googler !

A Rennes 2, t'en as qu'un qui se charge de ça, en vrai, et il est très sympathique. Mais très franchement, vu les nouvelles réformes, la recherche, c'est assez hardcore.
Par Rachel le Mardi 27 janvier 2009 à 0:05
Raaaaaah salops de littéraires de merde (oups c'est moi qui ait dit cela?? ) Non mais c'est vrai quoi merde à la fin! Ah lala ( oui j'aime parler comme j' écrit et écrire comme je parle ) Bordel de couilles de castor plastifiées, Pullman est l'un des plus grands auteurs modernes de notre univers ( et Dieu sait s'il y a énormément de plutoniens ayant un don inné pour la littérature )!!!! Ca m'énerve de voir le mépris qu'il peut y avoir envers ce génie d'amour trop choupinet. Mais je m'emporte, bref, je te soutiens dans ton combat contre ces connards!!
 

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